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CONF: Epistémologie de la musicologie numérique.

LE STATUT DES APPROCHES MIXTES (QUANTITATIVES/QUALITATIVES). Cette séance, dédiée à une question centrale – tant au niveau de la discipline de la musicologie qu’au-delà – s’annonce exceptionnellement riche et captivante. Vous y êtes chaleureusement conviés.

Responsable(s): Thomas BOTTINICécile DAVY-RIGAUXChristophe GUILLOTEL-NOTHMANNNicolas MEEÙS

Programme

CONTEXTE

Les outils numériques apportent des nouveaux moyens d’analyse et de comparaison qui font évoluer en profondeur les pratiques des humanités et qui redéfinissent leurs rapports aux sciences dites exactes (Bod 347, et 362). Cette évolution est à la fois visible et favorisée à travers la musicologie en raison de sa position à un carrefour interdisciplinaire où convergent, parmi tant d’autres disciplines, l’acoustique, les mathématiques, l’informatique, les statistiques, la linguistique, la littérature, la sociologie et l’histoire de l’art.
Les méthodes numériques, parce qu’elles reposent sur le traitement quantitatif des données, soulèvent toutefois des questions épistémologiques centrales lorsqu’il s’agit d’en investir la signification et le sens, placés au cœur des sciences humaines et sociales. La significativité statistique des observations faites à partir des approches quantitatives ne présage, en effet, en rien de leur « signifiance » – propriété de signifier, commune à tout système de signe (Benveniste 1974, 51).
Dans le domaine de l’interprétation des données, l’analyse immanente – qu’elle soit qualitative ou quantitative – ne peut faire l’impasse sur la prise en compte des points de vue interprétatifs. Ces derniers constituent d’ailleurs une préoccupation importante des humanités numériques de deuxième génération qui s’efforcent « d’utiliser les propriétés connectives du numérique pour pluraliser et redynamiser les interprétations créatives qui font le mérite des humanités » (Citton 2015, p. 5). Il semble donc nécessaire aujourd’hui de préciser davantage le statut du processus interprétatif – avec ce qu’il met en oeuvre de connaissances de l’organisation interne des corpus, de questionnements à l’égard des objets d’étude, d’attentes contextuelles, de subjectivité et de créativité – dans la mise en relation des données et de leurs significations possibles par les approches computationnelles et algorithmiques.